Elton John, artiste et élève aux Amandiers
C’est une rencontre improbable, comme on les aime au service communication.
Un jour d’hiver, alors que nous venions à l’IME Les Amandiers pour un tournage, nos pas nous ont menées à l’atelier menuiserie de l’établissement. C’est là que nous avons croisé Elton John. Un prénom qui étonne, bien sûr, mais ce n’est pas ce qui nous a le plus frappées ce jour-là. Un jeune réservé, au regard timide. Sur sa table, des feuilles, beaucoup de feuilles, avec de nombreux dessins. Des animaux, des squelettes d’animaux, des créatures réinterprétées en super-héros. Et surtout, une fierté discrète mais palpable à l’idée qu’on s’y intéresse.
À cet instant, quelque chose se passe. Notre curiosité s’éveille. Sophie, éducatrice monitrice, nous confie qu’Elton John a même illustré un petit livre réalisé à l’IME, un projet pensé pour lui tant son trait est singulier.
L’idée naît alors naturellement : et si on lui proposait de venir passer une matinée avec nous, au service communication, pour découvrir d’autres outils créatifs ? Sa réponse ne se fait pas attendre. Quelques semaines plus tard, Elton John pousse la porte du service, accompagné de Sophie. Marie, notre chargée de communication visuelle, l’accueille et lui ouvre Photoshop, un logiciel de création.
Très vite, il s’approprie l’outil : curieux, appliqué, concentré. « C’était comme un champ des possibles qui s’ouvrait », nous confiera plus tard Sophie.
De retour à l’IME, il partagera avec tous sa bonne humeur, inspiré par cette parenthèse créative. Curieuses d’en apprendre davantage sur lui et de plonger dans son univers, nous sommes retournées à l’IME pour passer un moment à ses côtés. Lors de cette rencontre, Elton John nous accueille avec un mélange de timidité et de fierté. Il nous montre ses planches, soigneusement conservées : des animaux, parfois costumés, des personnages de dessins animés. D’un geste précis, rapide, sans calque ni modèle, il dessine en riant. À côté de chaque espèce, une annotation : leur taille. Un travail méticuleux, presque scientifique, porté par une imagination débordante.
Au fil de l’échange, Elton John se dévoile un peu plus. Il a appris le français, même si l’apprentissage a demandé du temps… et beaucoup de patience — une qualité qu’il reconnaît lui-même ne pas toujours avoir. Pour faciliter la communication, il suffit parfois de lui écrire la question : il lit parfaitement. Avec Sophie, son éducatrice, les mots sont simples, directs, sincères. Leur relation repose sur une confiance mutuelle.
Son inspiration, il la puise dans les reportages animaliers, les jeux vidéo, les livres. Il observe, absorbe, et recrée. Mais il ne se limite pas aux animaux. Il dessine aussi des paysages, souvent très colorés, pleins de lumière. Ceux du petit livre qu’il a illustré ressemblent à des invitations au voyage.
Avant de nous quitter, Elton John nous a tendu quelques-uns de ses dessins. Un geste fort, d’après sa monitrice : « Ici, il a mis longtemps avant d’accepter d’en donner. » Touchées par cette générosité et la richesse de son univers, nous lui avons proposé de revenir au service communication, pour continuer d’explorer le monde numérique, découvrir d’autres formes de création, d’autres langages visuels. Il a accepté, avec l’enthousiasme tranquille qui le caractérise. Une nouvelle étape commence. Et peut-être, un nouveau terrain d’expression à inventer.